ART
J'ai longtemps marché dans le mauvais sentier. Par peur. Peur d'être insuffisant, de ne pas être assez sérieux, assez rentable. Peur de décevoir ceux qui valorisaient la performance, le salaire, la réussite visible. J'étudiais en art. Le design graphique me passionnait. Créer, imaginer, donner vie à des idées. Mais j'ai vu le futur arriver avec la technologie. Si difficile d'en vivre, me disait-on. Alors j'ai mis de côté mes couleurs pour des chiffres. Des études en comptabilité, en ressources humaines. Des chemins qui ne résonnaient pas avec qui j'étais vraiment. Des chemins qui m'ont mené à la dépression. Ou du moins, qui y ont contribué. On m'a appris qu'il fallait une grande maison, une grande auto pour être quelqu'un. Que l'art, c'était pour les fifs, les rêveurs, ceux qui ne réussissent pas vraiment. Que mon côté créatif, sensible, féminin même, était une faiblesse. Quelque chose à cacher, à étouffer. J'ai essayé de rentrer ...