ENLEVER LES MASQUES
Enlever les masques : quand mettre ses limites devient un acte de courage
Pendant longtemps, j'ai porté des masques.
Celui du silence, d'abord.
Ne rien dire pour ne pas déranger.
Accepter l'inacceptable en me disant que c'était temporaire, que ça allait s'améliorer, que je devais être patient.
Celui de la trop grande gentillesse, ensuite.
Cette naïveté qui me faisait croire que si je donnais assez, si j'étais assez compréhensif, assez disponible, les autres finiraient par me traiter avec le même respect.
J'ai appris jeune à me plier.
À croire que ma valeur dépendait de ce que je pouvais offrir aux autres.
Que dire non, c'était être égoïste.
Que poser mes limites, c'était risquer de perdre les gens.
Après ça, j'ai continué à attirer les mêmes dynamiques.
Les gens qui prenaient toute la place sans jamais en laisser pour moi.
Les presseurs de citron qui me vidaient de mon énergie.
Les faux amis qui n'étaient là que quand ça les arrangeait.
Et moi? Je restais.
Je m'excusais.
Je me justifiais.
Je donnais encore plus, pensant que c'était moi le problème.
Mais quelque chose a changé ces dernières années.
La vie m'a transformé.
Les épreuves m'ont forcé à me regarder dans le miroir et à me demander : jusqu'à quand vas-tu te trahir toi-même?
Aujourd'hui, j'entre dans une nouvelle ère.
Une ère où me faire juger pour aller moins bien, c'est un non.
Une ère où me sentir coupable d'avoir des limites, c'est terminé.
Une ère où je refuse d'être le citron qu'on presse jusqu'à la dernière goutte.
Ça choque certaines personnes.
Elles me punissent pour avoir changé les règles du jeu.
Elles préféraient l'ancienne version de moi, celle qui se taisait, qui acceptait, qui pardonnait toujours.
Mais cette version-là m'a presque détruit.
Alors oui, je mets mes limites maintenant.
Et ça fait du bien.
Une légèreté que je n'avais pas ressentie depuis longtemps.
Lâcher prise ne veut pas dire abandonner.
Ça veut dire arrêter de porter ce qui ne m'appartient pas.
Arrêter de me justifier d'exister.
Arrêter de mendier de la réciprocité auprès de gens qui n'en ont jamais eu l'intention.
Je suis tanné.
Et c'est correct d'être tanné.
Parce qu'être tanné, c'est le début de quelque chose de nouveau.

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