S'ÉCOUTER
Dans le tourbillon incessant de la vie moderne, et encore plus lorsque l'on vit avec la bipolarité, il est facile de se laisser emporter, de dire "oui" à tout, d'ignorer les signaux d'alarme que notre corps et notre esprit nous envoient. Nous sommes souvent conditionnés à être disponibles, serviables, à ne pas décevoir, quitte à nous épuiser.
Pourtant, l'une des compétences les plus vitales, particulièrement pour notre équilibre, est celle de s'écouter.
Combien de fois avons-nous ressenti cette petite voix intérieure nous murmurer : "Trop, c'est trop", "Tu as besoin de repos", ou "Cette situation n'est pas bonne pour toi" ? Et combien de fois l'avons-nous balayée d'un revers de la main, la considérant comme une faiblesse ou un caprice ?
Ressentir les choses, c'est bien plus qu'une simple émotion passagère. C'est une boussole interne, un baromètre qui nous indique l'état de notre jardin intérieur. La fatigue, l'irritabilité, l'anxiété montante, la tristesse sourde… ce ne sont pas des ennemis, mais des messagers. Ils nous informent que quelque chose ne va pas, qu'un ajustement est nécessaire.
Et c'est là qu'intervient le pouvoir du "non".
Dire "non" n'est pas un signe d'égoïsme, mais un acte d'auto-préservation. C'est reconnaître ses limites, respecter ses besoins, et protéger son énergie, une ressource précieuse quand on vit avec la bipolarité. Dire "non" à une invitation de trop, à une tâche supplémentaire, à une conversation qui nous draine, c'est dire "oui" à soi-même, à sa santé mentale et physique.
Apprendre à dire "non" est un muscle qui se développe avec la pratique. Au début, cela peut sembler inconfortable, voire coupable. Mais avec le temps, on réalise que les personnes qui nous aiment et nous respectent comprendront. Et celles qui ne le feront pas... eh bien, leur réaction nous en dit plus sur elles que sur nous.
S'écouter, c'est aussi apprendre à décoder nos ressentis. C'est prendre le temps de s'arrêter, de respirer, et de se demander : "Comment je me sens réellement en ce moment ?" Est-ce que cette activité me nourrit ou me vide ? Est-ce que cette relation m'élève ou me tire vers le bas ?
Pour nous qui sommes bipolaires, cette capacité à s'écouter est d'autant plus cruciale. Elle peut nous aider à identifier les prémices d'un épisode, à ajuster notre traitement, ou simplement à nous accorder le repos nécessaire avant que le corps et l'esprit ne lâchent.
Alors, je vous encourage, aujourd'hui et chaque jour, à tendre l'oreille à cette sagesse intérieure. Faites-lui confiance. Elle est là pour vous guider. Et n'ayez jamais peur de dire "non" quand votre bien-être est en jeu. Votre "oui" à vous-même est le plus important.

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